Pourquoi s'engage-t-on dans une cause ?

De plus en plus de personnes sont sans doute très inquiètes de l'évolution du monde. Et de nombreuses personnes militantes parlent de leur désabusement après des années à essayer de convaincre sans forcément voir des résultats tangibles.

Je partage la difficulté de réussir à conserver de l'énergie pour continuer à agir, malgré des fois des résultats faibles. Il est fondamental de se préserver. Se rappeler aussi que si on ne faisait rien ce serait sans doute encore pire.

L'édito de la dernière newsletter de La Déferlante (la revue des révolutions féministes) En 2026, indignons-nous ! est consacrée à ce sujet.

Dans le texte, il y a une référence à l'article À propos de beauté… » de Corinne Morel Darleux (militante écosocialiste, essayiste et romancière) avec cet extrait :

« Enfin, pour éviter le cynisme – qui relève aujourd’hui selon moi d’une faute morale -, il importe de toujours associer un discours de lucidité avec un impératif éthique qui relève non de l’espoir ou de l’optimisme, mais de ce que je nomme « dignité du présent » : face au sentiment de défaites futures de plus en plus inexorables, si on veut éviter de rester sidéré ou de se décourager, il faut se souvenir que quand on s’engage dans une cause, ce n’est pas fondamentalement pour gagner, mais avant tout parce que la cause nous semble juste à mener – et que même quand tout semble flingué, il reste toujours un pessimisme à organiser, des lueurs à préserver, des gestes de solidarité, des hectares de terres non bétonnées, des espèces d’invertébrés et des dixièmes de degré à sauver. »

Récemment, j'ai participé au podcast Projets libres de Walid Nouh sur l'histoire de l'April (l'association de promotion et défense du logiciel libre que j'ai cofondé et dont je suis le délégué général). Voici la fin de l'interview :

«Walid Nouh : On arrive à la fin de l’entretien. Je voudrais vous laisser un mot de la fin, si vous avez un message à faire passer avant qu’on se quitte.

Frédéric Couchet : De mon côté je dirais engagez-vous, n’hésitez pas, n’ayez pas peur de vous engager, d’ailleurs pas forcément dans le Libre, en général, je trouve que l’engagement militant, associatif, a changé ma vie par rapport à ce qui était prévu normalement, mais en faisant attention à l’association dans laquelle vous mettez les pieds. Comme je le disais tout à l’heure, toute association n’est pas forcément respectueuse des gens qui s’engagent. Je trouve que militer, que s’engager c’est important aujourd’hui et l’April est un bon exemple parce que c’est une association qui est militante, humaine et joyeuse, on se marre bien à l’April, encore plus avec Magali Garnero, la présidente. Donc surtout n’hésitez pas à vous engager, je trouve que ça fait du bien quand on s’engage, quel que soit le niveau d’engagement, ça fait du bien au moral, ça fait du bien à la société. »

Je vous adresse mes meilleurs vœux, avec quelques victoires si possible tout de même.

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