La réunion avait comme objectif d'évaluer si les résultats du BRM (« Ballot resolution meeting », la réunion internationale de Genève visant à harmoniser les positions de chacun) étaient susceptibles de changer la position française exprimée l'été dernier sur le projet de norme international concernant OOXML (vote non avec commentaires).

Sans surprise, aucun consensus ne s'est dégagé lors de la réunion parmi la vingtaine d'acteurs présents. L'ambiance a été beaucoup plus calme que lors de la réunion de l'été 2007.

D'après un article de Bertrand Lemaire (CIO Online):

« D'un côté le secteur public (notamment la DGME, qui a la même tutelle ministérielle que l'Afnor), un certain nombre d'acteurs traditionnels (IBM...) et les acteurs du logiciel libre sont unanimes pour condamner la normalisation d'OOXML, accusé d'être inutile (OpenDocument existe et est normalisé ISO 26300) et même nuisible (à cause de nombreux problèmes de rédaction et d'incorporation d'objets protégés par les droits propres de Microsoft). De l'autre, les éditeurs de logiciels propriétaires français alliés à Microsoft soulignent la nécessité d'encourager la normalisation afin de sécuriser les investissements réalisés sur OOXML pour rendre compatible un certain nombre de logiciels avec ce format. »

On lira également avec intérêt l'article de PC INpact OOXML : sans consensus, l'AFNOR réserve son vote au 29 mars.

Comme il n'y a pas eu de consensus sur la décision à prendre il revient à l'Afnor en concertation avec le gouvernement de décider du vote final de la France. La décision finale doit être communiquée à l'ISO d'ici le 29 mars 2008 à minuit.

Les paris sont ouverts.

Un article paru dans Les Échos de ce vendredi) annonce que la France refuserait de normaliser le format de document de Microsoft. Article à prendre avec des pincettes et au conditionnel (même si ce journal est généralement bien informé) :

« La France refuse de normaliser le format de document de Microsoft

Selon nos informations, la France devrait se joindre au Brésil, à l'Inde et à Cuba pour dire «non» à Microsoft. Les Etats-Unis ou l'Allemagne vont dire «oui». Au total, 157 pays sont invités à se prononcer d'ici à samedi soir au sein de l'ISO (International Organization for Standardisation). »

Deux citations présentes dans l'article :

« Il y a eu des avancées. Mais il est difficile de changer son vote lorsque le document de 6.000 pages avec les spécificités techniques finales n'a toujours pas été fourni », estime un observateur.

« Nous avons répondu à toutes les demandes et nous avons montré des signes d'ouverture en février. Il serait étonnant que la France ayant obtenu toutes ses réponses ne transforme pas son "non" en "oui" » estime Marc Mossé, directeur des affaires juridiques et publiques pour Microsoft.

Verdict samedi soir.