Dans le texte de l'appel la conclusion dit :

Nous demandons donc aux pouvoirs publics locaux et nationaux, à travers le monde, de prendre systématiquement en compte les Logiciels libres lors de tout développement informatique nouveau et de rendre toutes les procédures impliquant les libertés individuelles, les données personnelles ou le vote électronique compatibles avec les exigences des standards ouverts et des Logiciels libres.

Je suis évidemment d'accord avec le fait que les gouvernements, les administrations, les collectivités recourent aux logiciels libres. Mais le vote électronique c'est une autre question, plutôt compliquée. Les expériences déjà faites ici et là (aux USA, en Belgique, à Brest, en Irlande, au Brésil...) montre qu'il est urgent de réfléchir. L'enjeu est la démocratie elle même, dont le vote est un des fondements. La démarche de se déplacer dans un lieu public, pour voter dans un isoloir, et avoir la possibilité d'assister au dépouillement du vote par des assesseurs et des scrutateurs choisis au hasard peut-elle être remplacée par un vote électronique (potentiellement fait à distance, sans l'isoloir qui garantit l'absence de pression et le secret du vote, et en laissant une machine compter les votes) ? L'exercice est périlleux et semble incompatible avec l'exercice citoyen. Bien entendu, c'est encore plus grave si le vote électronique est basé sur du logiciel propriétaire ou sur des machines à voter dont on ignore totalement le fonctionnement.

Le vote électronique implique que le contrôle des opérations électorales est entièrement entre les mains des techniciens des firmes privées qui développeront ou installeront le matériel informatique. Alors que le système traditionnel permet le contrôle des opérations par les électeurs ordinaires.

Le vote automatisé remet en question deux des fondements de notre système de démocratie : le contrôle des opérations électorales par les électeurs et la garantie du secret du vote.

Les logiciels libres offrent-ils plus de garantie que les logiciels propriétaires ? Sans doute, mais ils n'offrent pas une garantie de base : assurer que toutes les machines le jour de l'élection contiennent bien le logiciel publié (même si cette garantie était possible seuls des techniciens pourraient y parvenir, et non pas le citoyen lambda). Et cela ne change pas la question essentielle « faut-il utiliser le vote électronique ? ». Les avantages du logiciel libre ne doivent pas servir de caution à l'utilisation du vote électronique.

Plus d'informations sur le site Recul démocratique et sur Pour une Éthique du Vote Automatisé (Vote électronique)